Réforme de l’orthographe – Le blog de Cordial

Parcourir les Tags : Réforme de l’orthographe

La réforme de l’orthographe, pourquoi en parler ?

nenufar

Cette réforme a plus de vingt-cinq ans, pourtant elle n’a jamais vraiment été appliquée en France.

En effet, les tentatives de changement dans la langue via la législation ont toujours été inefficaces. La seule méthode qui a fonctionné a été de l’imposer par l’éducation dès la petite enfance. Par exemple, à partir de 1881, les enfants qui parlaient occitan à l’école ont été punis conformément aux recommandations du ministre Jules Ferry. Cela a conduit à une dévalorisation de la langue occitane appelée la vergonha (la honte).
C’est ce que tente de faire le gouvernement français cette année en l’imposant dans les manuels scolaires. Cela a déjà marché, principalement parce que les changements étaient perçus à l’oral, forçant ainsi les parents à apprendre au contact de leurs enfants.

Alors cette réforme, qui ne touche que l’écrit, sera-t-elle un échec ?

C’est l’usage qui nous le dira ! Il est indispensable d’observer l’évolution de la langue pour savoir quels mots vont être utilisés. C’est aux francophones qu’il appartient de choisir d’appliquer ou pas cette réforme et de déterminer si elle leur simplifie la vie et surtout l’écrit. Car la langue française appartient à ceux qui l’utilisent et ce sont eux qui auront le fin mot de l’histoire. Peu importe qui est pour ou contre et pourquoi.

En fait, la principale difficulté ne se pose pas lors de l’écriture. La loi impose en effet de tolérer les deux orthographes, classique et nouvelle. Si l’on est contre, rien n’oblige à l’employer, ce qui semble échapper à bon nombre de commentateurs de cette réforme.

Seule l’identification des erreurs sera plus compliquée. Ainsi, les tweets les plus populaires sur cette réforme se moquent de la disparition de l’accent sur « chômage », « impôts » ou « jeûne ». Pourtant, aucun de ces mots n’est touché par la réforme, contrairement au verbe « jeuner », qui perd son accent circonflexe. Une seule difficulté demeure : comment signaler à son collègue, à son enfant, à un élève ou un étudiant, qu’il a fait une faute si l’on ne maitrise pas l’ensemble des orthographes alternatives ?

Si vous n’utilisez pas la nouvelle orthographe, vous devrez par contre apprendre à la tolérer dans les écrits des autres.

Sophie MULLER – Chef de produit Cordial