Réforme de l’orthographe – Le blog de Cordial

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Le prédicat, un mal pour un bien ?

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Le mois dernier, le terme de « prédicat » résonnait partout. Entre les inquiétudes des professeurs et des parents d’élèves, le prédicat a suscité une grande vague d’incompréhension. Disparition du COD, ou encore appauvrissement de la grammaire, les sceptiques du prédicat ont su trouver les arguments pour déclencher la polémique. Mais, la volonté de rendre l’apprentissage de la langue française plus accessible à tous est-elle une si mauvaise chose ? Ou le prédicat est-il réellement négatif dans l’enseignement ?

Découvrez le prédicat autrement, avec ces 5 réponses à vos questions.

Le prédicat va-t-il remplacer le COD et le COI, comme le disent les journaux ?

Non, le prédicat précède seulement cet enseignement dans les programmes scolaires, mais ne le remplace pas du tout. Il sera toujours nécessaire de savoir distinguer le COD pour apprendre à accorder un participe passé.

Le prédicat est-il encore une idée tordue de fonctionnaires de l’Éducation Nationale qui aiment chercher des poils sur des œufs ?

Non, ce n’est pas la dernière lubie de pédagogues vieillissants, de ministres en mal de reconnaissance ou de l’académie française ! Cette notion existe depuis Aristote et est notamment enseignée depuis plusieurs années au Québec, par exemple.

Si c’est une notion qui existe depuis des siècles mais que l’on n’enseigne pas, alors dans les faits, à quoi ça sert ?

Dans les faits, le prédicat sert à regrouper l’ensemble des groupes qui sont attribués au sujet.

En effet, lorsque on analyse une phrase, on distingue systématiquement la nature et la fonction des mots et groupes. Et quelle est donc la fonction du verbe ou du groupe verbal ?

Pour mémoire, le groupe verbal est la nature, pas la fonction. Tout comme le groupe nominal peut être sujet ou complément, le groupe verbal peut être sujet :

Exemple : « Réduire les déchets sujet est une priorité prédicat ». 

Et bien voilà, la fonction du groupe qui dit ce qui est attribué au sujet, c’est le prédicat, tout simplement.

Puisque le mot existait et qu’il n’était juste pas enseigné, il était temps de s’en servir… Les notions philosophiques derrière ce terme n’ont aucun intérêt à ce stade.

Que vont devenir les compléments circonstanciels ?

Il n’y a pas de problème avec ces compléments, certains sont essentiels, d’autres non. Ceux qui sont essentiels sont des compléments du groupe verbal,  les autres sont des compléments de phrase. S’ils sont compléments du groupe verbal, ils font partie intégrante du prédicat, tout comme le COD ou le COI, tout simplement.

Exemples :

« Je reprends mes études prédicat à Paris CP ». L’ancien Complément circonstanciel devient le Complément de Phrase.

« J’emménage [à Paris CGV] prédicat ». L’ancien Complément du Groupe Verbal devient désormais un Complément du Verbe, qui appartient au prédicat.

Alors, pourquoi tant de polémique ?

Parce que certains journalistes souhaitent faire le buzz, et certains professeurs sont réfractaires au changement, même justifié ! Alors, ils en rajoutent pour crédibiliser leur point de vue.

Citons pour conclure, le commentaire plein de bon sens relevé sur l’article paru dans Télérama : « Ce qui compte, c’est de ne pas passer des heures à faire de la grammaire pour la grammaire, et de débloquer du temps pour la lecture et l’écriture de textes. Plus les enfants écrivent, plus ils automatisent le geste d’écriture et moins ils font d’efforts pour construire leur expression. Ils libèrent alors des ressources cognitives qui leur permettront de maîtriser l’orthographe. »

Et vous, êtes-vous pour ou contre le prédicat ? Comprenez-vous son utilité ? Si vous avez des questions sur ce sujet, n’hésitez pas à nous les poser.

Sophie Muller – Chef de produit Cordial

 

La réforme de l’orthographe, pourquoi en parler ?

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Cette réforme a plus de vingt-cinq ans, pourtant elle n’a jamais vraiment été appliquée en France.

En effet, les tentatives de changement dans la langue via la législation ont toujours été inefficaces. La seule méthode qui a fonctionné a été de l’imposer par l’éducation dès la petite enfance. Par exemple, à partir de 1881, les enfants qui parlaient occitan à l’école ont été punis conformément aux recommandations du ministre Jules Ferry. Cela a conduit à une dévalorisation de la langue occitane appelée la vergonha (la honte).
C’est ce que tente de faire le gouvernement français cette année en l’imposant dans les manuels scolaires. Cela a déjà marché, principalement parce que les changements étaient perçus à l’oral, forçant ainsi les parents à apprendre au contact de leurs enfants.

Alors cette réforme, qui ne touche que l’écrit, sera-t-elle un échec ?

C’est l’usage qui nous le dira ! Il est indispensable d’observer l’évolution de la langue pour savoir quels mots vont être utilisés. C’est aux francophones qu’il appartient de choisir d’appliquer ou pas cette réforme et de déterminer si elle leur simplifie la vie et surtout l’écrit. Car la langue française appartient à ceux qui l’utilisent et ce sont eux qui auront le fin mot de l’histoire. Peu importe qui est pour ou contre et pourquoi.

En fait, la principale difficulté ne se pose pas lors de l’écriture. La loi impose en effet de tolérer les deux orthographes, classique et nouvelle. Si l’on est contre, rien n’oblige à l’employer, ce qui semble échapper à bon nombre de commentateurs de cette réforme.

Seule l’identification des erreurs sera plus compliquée. Ainsi, les tweets les plus populaires sur cette réforme se moquent de la disparition de l’accent sur « chômage », « impôts » ou « jeûne ». Pourtant, aucun de ces mots n’est touché par la réforme, contrairement au verbe « jeuner », qui perd son accent circonflexe. Une seule difficulté demeure : comment signaler à son collègue, à son enfant, à un élève ou un étudiant, qu’il a fait une faute si l’on ne maitrise pas l’ensemble des orthographes alternatives ?

Si vous n’utilisez pas la nouvelle orthographe, vous devrez par contre apprendre à la tolérer dans les écrits des autres.

Sophie MULLER – Chef de produit Cordial