méthodologie – Le blog de Cordial

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L’innovation au service de l’apprentissage du français

niveau-orthographe

 

La prise de conscience du niveau orthographique des élèves ne date pas d’hier. Les études sur les évaluations relayées aujourd’hui par les médias ne sont que le reflet du résultat de méthodes qui ont déjà évolué.

La disparition des dictées en cause ?

La dictée traditionnelle ne montre pas de résultats satisfaisants en termes d’apprentissage, elle est donc remise en question depuis des années. Son utilisation ne portant pas, ou plus de résultats, il a fallu essayer d’analyser les causes ce cet échec et trouver des exercices complémentaires. L’idée n’est bien sûr pas de la bannir mais d’offrir des méthodes d’apprentissage complémentaires.

En effet, comme le mentionne Lucien Marboeuf sur L’instit’humeurs « La dictée est sans doute l’un des points de l’enseignement de la langue que les enseignants ont le plus enrichi et étendu, en variant les types et les formes : dictée traditionnelle, dictée de mots, autodictée, dictée-flash, dictée copiée, dictée copiée différée, dictée à trous, dictée négociée, dictée escalier, dictée préparée, dictée guidée, dictée photo, dictée commentée, avec le maître ou entre enfants, dictée à corriger, dictée avec aides, dictée abrégée, dictée caviardée, dictée « chiffon », dictée à choix multiples, dictée « frigo », dictée « randonnée », dictée « judo », dictée « piégée », twictée… et cent autres variantes nées de l’esprit créatif des maîtres et maîtresses de ce pays dans le but de faire progresser les élèves en orthographe (voir ce travail de l’Académie de Nice sur le sujet) »

La révolution de la pédagogie

Faisons un rapide tour d’horizon des nouvelles approches pédagogiques actuellement testées dans les classes de nos enfants :

  • Des enseignants ont inventé les «twictées» ou «défitwictées», présentées comme un «dispositif collaboratif d’enseignement et d’apprentissage de l’orthographe». Les élèves écrivent des micro-dictées, les échangent avec d’autres classes de la francophonie, rédigent les explications des difficultés, tout cela en moins de 140 signes.
  • Sophie Anxion0naz, inspecteur de l’Académie de Poitiers, a inventé et testé un nouveau mode d’évaluation durant le brevet qui portait sur trois types d’erreurs : le lexique, l’accord du verbe, l’accord du groupe nominal. L’idée était de repérer les zones d’erreur potentielles et les réussites sur chaque type. « Ce barème graduel » a produit des résultats proches des évaluations classiques.
  • La dictée 0 faute, qui consiste à lire un texte court à haute voix, puis l’enseignant dicte la première phrase. S’ensuit une phase de dialogue durant laquelle l’enseignant est un animateur neutre. Les élèves doivent exposer leurs doutes sur la graphie des mots et, lorsque tous les doutes sont levés, l’enseignant dicte la deuxième phrase, et ainsi de suite.
  • La phrase dictée du jour, qui ressemble à la dictée 0 faute. L’enseignant ne donne qu’une phrase en dictée, et va animer une discussion entre les élèves sur les différentes orthographes. En effet, les différentes graphies produites sont inscrites au tableau et sont discutées afin d’aboutir à un consensus pour un mot donné.

La recherche et l’innovation au support de la pédagogie positive

L’explosion des médias d’expression et la grande visibilité de ce phénomène ont poussé des entreprises privées et des chercheurs à tenter d’élaborer de nouveaux outils afin de réconcilier les apprenants avec leurs écrits. Ainsi, l’assistant de rédaction Cordial intègre un outil baptisé l’Anticorrecteur et élaboré en partenariat avec Le laboratoire ERSS-CLLE de l’université Toulouse Jean-Jaurès.

Le concept de ce nouvel outil est de se positionner radicalement du côté de celui qui écrit. Valoriser les acquis, évaluer de manière positive et constructive, encourager les progrès, utiliser des outils adaptés, tant de pistes pour permettre de reprendre confiance dans ses écrits et d’accroître sa créativité. L’idée est de stimuler pour ne pas décourager, sans pour autant abandonner la politesse de l’écrit bien orthographié.

Cordial partage l’ambition de stimuler l’écriture et contribue à proposer une nouvelle façon d’écrire et de se relire avec l’Anticorrecteur. Les messages liés aux réussites sont volontairement légers afin de désacraliser ce rapport à l’écrit et à l’orthographe qui peut être stigmatisant.

anticorrecteur

Qu’en pensent les utilisateurs ?

L’orthographe est la seule matière où on vous évalue négativement : on ne vous parle que de vos erreurs. En étiez-vous conscients ?

Selon un sondage réalisé pour Cordial, vous êtes 46 % à ne pas comprendre pourquoi. Pourtant, 87,4 % des sondés trouvent utile de valoriser les succès orthographiques.

Et si l’on questionne sur l’intérêt de la valorisation plutôt que du « bashing orthographique », les commentaires affluent, cela permettrait :

  • De se remotiver dans l’acquisition de l’orthographe
  • De reprendre confiance dans ses écrits
  • De mieux évaluer son niveau
  • De cibler plus précisément les domaines à travailler/les axes de progression
  • D’aider les enfants
  • D’améliorer son niveau en mémorisant mieux l’orthographe correcte
  • De faire un zéro faute
  • De mesurer les progrès
  • De mieux se relire
  • De prendre conscience des difficultés et des acquis

Les orthophonistes ayant participé à l’enquête ont ajouté :

  • De motiver et valoriser les patients
  • De prendre confiance en soi, surtout pour les patients très souvent démotivés et dévalorisés

Des approches ambitieuses et novatrices afin de proposer de nouvelles solutions à des difficultés identifiées depuis bien longtemps.

Sophie Muller – Chef de Produit Cordial

 

La réforme de l’orthographe, pourquoi en parler ?

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Cette réforme a plus de vingt-cinq ans, pourtant elle n’a jamais vraiment été appliquée en France.

En effet, les tentatives de changement dans la langue via la législation ont toujours été inefficaces. La seule méthode qui a fonctionné a été de l’imposer par l’éducation dès la petite enfance. Par exemple, à partir de 1881, les enfants qui parlaient occitan à l’école ont été punis conformément aux recommandations du ministre Jules Ferry. Cela a conduit à une dévalorisation de la langue occitane appelée la vergonha (la honte).
C’est ce que tente de faire le gouvernement français cette année en l’imposant dans les manuels scolaires. Cela a déjà marché, principalement parce que les changements étaient perçus à l’oral, forçant ainsi les parents à apprendre au contact de leurs enfants.

Alors cette réforme, qui ne touche que l’écrit, sera-t-elle un échec ?

C’est l’usage qui nous le dira ! Il est indispensable d’observer l’évolution de la langue pour savoir quels mots vont être utilisés. C’est aux francophones qu’il appartient de choisir d’appliquer ou pas cette réforme et de déterminer si elle leur simplifie la vie et surtout l’écrit. Car la langue française appartient à ceux qui l’utilisent et ce sont eux qui auront le fin mot de l’histoire. Peu importe qui est pour ou contre et pourquoi.

En fait, la principale difficulté ne se pose pas lors de l’écriture. La loi impose en effet de tolérer les deux orthographes, classique et nouvelle. Si l’on est contre, rien n’oblige à l’employer, ce qui semble échapper à bon nombre de commentateurs de cette réforme.

Seule l’identification des erreurs sera plus compliquée. Ainsi, les tweets les plus populaires sur cette réforme se moquent de la disparition de l’accent sur « chômage », « impôts » ou « jeûne ». Pourtant, aucun de ces mots n’est touché par la réforme, contrairement au verbe « jeuner », qui perd son accent circonflexe. Une seule difficulté demeure : comment signaler à son collègue, à son enfant, à un élève ou un étudiant, qu’il a fait une faute si l’on ne maitrise pas l’ensemble des orthographes alternatives ?

Si vous n’utilisez pas la nouvelle orthographe, vous devrez par contre apprendre à la tolérer dans les écrits des autres.

Sophie MULLER – Chef de produit Cordial